25 400 milliards d’euros perdus chaque année. Et si le vrai problème était la valeur qu’on ne garde pas ?

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Chaque année, l’économie mondiale perd 25 400 milliards d’euros à cause de pratiques linéaires. Pour les entreprises, la gestion des actifs circulaire n’est plus une option périphérique, c’est une réponse directe à cette perte structurelle de valeur. C’est la conclusion centrale du Circularity Gap Report 2026, publié par Circle Economy en collaboration avec Deloitte, qui pour la première fois chiffre économiquement le coût de l’inaction.


C’est là que le rapport introduit un concept nouveau : le Value Gap, ou écart de valeur.

Ce que ce concept met en lumière, ce n’est pas seulement un déséquilibre macroéconomique. C’est un problème beaucoup plus opérationnel : dans les entreprises, la valeur se perd souvent non pas faute de ressources, mais faute de visibilité et de coordination au moment où les décisions sont prises.

Le PIB a été conçu pour mesurer l’activité économique. Il comptabilise ce qui se produit, ce qui se vend, ce qui se consomme. Mais il est aveugle à la valeur qui s’évapore : les équipements mis au rebut avant la fin de leur vie utile, les ressources gaspillées en cours de production, les actifs immobilisés sans jamais être réutilisés.


Le rapport identifie cinq grandes catégories de perte :

1. Les déchets en fin de vie : 10 000 milliards € C’est la perte la plus importante. Elle représente la valeur résiduelle des actifs — bâtiments, machines, équipements, mis au rebut avant l’épuisement de leur potentiel fonctionnel. Le recyclage ne récupère qu’une fraction de cette valeur. La réutilisation, la remise en état ou la redistribution auraient permis d’en conserver beaucoup plus.

2. Les pertes énergétiques : 8 700 milliards € De l’extraction à l’utilisation finale, une part considérable de l’énergie consommée ne produit aucun service utile. Ces inefficacités sont en grande partie évitables.

3. La dégradation des actifs fixes : 5 200 milliards € Bâtiments, infrastructures, machines : leur valeur s’érode plus vite que nécessaire, souvent par manque d’entretien, d’usage optimal ou de stratégie de prolongation de vie. Le rapport estime que 25 à 50 % de cette dépréciation pourrait être évitée grâce à des pratiques circulaires.

4. Les pertes alimentaires : 650 milliards € Un tiers de la nourriture produite mondialement est perdu ou gaspillé avant d’être consommé. Une perte économique, mais aussi environnementale et sociale massive.

5. Les pertes de transformation : 904 milliards € Des matières premières gaspillées lors des processus de fabrication, avant même que le produit n’atteigne le marché.

Ces pertes ne sont pas abstraites.
Dans les entreprises, elles se traduisent concrètement par des achats redondants, des équipements stockés mais non utilisés, ou encore des actifs disponibles sur un site mais invisibles pour un autre.

Dans les organisations multi-sites, ce manque de circulation de l’information crée une situation paradoxale : des actifs existent déjà, mais ne peuvent pas être mobilisés au moment où le besoin apparaît.


On pourrait croire que ces pertes concernent uniquement les grandes politiques économiques ou les décisions gouvernementales. En réalité, le rapport est explicite : les entreprises sont des acteurs centraux de ce problème, et de sa solution.

Le rapport identifie quatre mécanismes qui expliquent pourquoi la valeur disparaît :

  • La mauvaise gestion des matières et produits : des inefficacités dans les chaînes d’approvisionnement, souvent liées au manque de données, de coordination ou d’infrastructures adaptées
  • L’obsolescence prématurée : des actifs mis au rebut avant la fin de leur vie utile, souvent par des dynamiques comportementales ou commerciales, non par nécessité technique
  • La dégradation évitable des actifs durables : un manque d’entretien et d’optimisation de l’usage
  • Les coûts environnementaux non internalisés : des externalités qui ne se reflètent pas dans les prix de marché
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Ce ne sont pas des cas isolés. Le rapport de Circle Economy le confirme : l’économie mondiale perd de la valeur parce que ses acteurs ne voient pas ce qu’ils possèdent, ni ce qu’ils pourraient en faire.


Pourtant, le rapport 2026 retourne cette logique. Il montre que réduire les pertes de valeur génère des gains économiques concrets : réduction des coûts d’approvisionnement, allongement de la durée de vie des actifs, résilience face aux tensions sur les matières premières, conformité réglementaire simplifiée.

Cependant la circularité n’est pas un effort supplémentaire. C’est une stratégie de rétention de valeur et à ce titre, elle relève directement de la responsabilité des directions financières, des équipes achats et des responsables opérationnels.

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Le rapport formule des recommandations claires pour les entreprises :

  • Cartographier les inefficacités : identifier systématiquement les actifs sous-utilisés, les ressources gaspillées, les équipements dont la valeur résiduelle n’est pas exploitée
  • Quantifier les pertes : traduire ces inefficacités en euros pour construire un argumentaire économique solide en faveur de la transition circulaire
  • Collaborer au-delà de l’organisation : partager des données, aligner les incitations, créer des systèmes de redistribution entre sites, partenaires et filières
  • Intégrer la durabilité dans les décisions d’achat et de gestion des actifs : ne plus traiter le réemploi comme une option, mais comme un processus standard

C’est précisément sur ce point que se joue la différence : structurer les flux d’actifs pour passer de l’intention à l’exécution.

La gestion des actifs circulaire, telle que CircularPlace la déploie dans les grandes organisations multi-sites, permet d’apporter cette couche opérationnelle : rendre les actifs visibles, organiser leur circulation et réduire les achats redondants.


Le CGR 2026 change le cadre de la conversation sur la circularité. Il ne s’agit plus de savoir si les entreprises doivent agir. Il s’agit de comprendre ce qu’il leur en coûte de ne pas le faire.

25 400 milliards d’euros perdus chaque année. Pas parce que les entreprises manquent de bonnes intentions. Mais parce que les systèmes en place ne sont pas conçus pour retenir la valeur.

Changer cela commence par une question simple : savez-vous ce que vos actifs valent encore, et ce que vous pourriez en faire ?