Quels sont les avantages du réemploi en entreprise ?
Les achats responsables consistent à intégrer des critères environnementaux, sociaux et éthiques dans les décisions d’achat. Le prix et la qualité ne suffisent plus.
Choisir un fournisseur, un produit ou un service revient alors à regarder son impact réel. Cet impact se mesure sur toute la durée de vie, pas sur le seul coût immédiat.
L’idée est simple à formuler, mais plus exigeante à appliquer. Elle change surtout le moment où l’on se pose les bonnes questions.
Un achat responsable se décide avant la commande, pas après la livraison.
Cet article répond ainsi aux questions les plus fréquentes des équipes achats et RSE. Au programme : définition, critères, mise en place, cadre normatif (ISO 20400, label RFAR) et obligations réglementaires.
Achats responsables : une définition claire
Un achat responsable prend en compte les impacts environnementaux, sociaux, éthiques et économiques d’un produit ou d’un service. Cette évaluation couvre chaque étape du cycle de vie.
En pratique, cette démarche ne remplace pas les critères classiques d’achat : elle les complète.
Concrètement, une organisation qui achète de manière responsable s’intéresse à l’origine du produit et à sa fabrication. Elle regarde aussi la durée de vie, le devenir en fin d’usage et les conditions de travail chez ses fournisseurs.
D’ailleurs, cette approche s’inscrit pleinement dans la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Elle touche une fonction stratégique, puisque les achats pèsent lourd dans les dépenses et l’empreinte d’une organisation.
Les critères des achats responsables
Il n’existe pas de liste unique et figée. En revanche, le cadre de référence le plus reconnu reste la norme ISO 20400, intitulée « Achats responsables Lignes directrices ». Point important : cette norme n’est pas certifiable. Elle donne des repères, pas un tampon de conformité.
À partir de ce cadre, les critères des achats responsables se regroupent autour de quelques grands axes :
- Coût du cycle de vie : évaluer un achat sur toute sa durée d’usage, pas seulement sur son prix affiché.
- Impact environnemental : origine des matières, durabilité, réparabilité, empreinte carbone, devenir du produit une fois utilisé.
- Impact social et éthique : respect des droits humains, conditions de travail, comportement éthique le long de la chaîne d’approvisionnement.
- Relation fournisseurs : transparence, équilibre, respect des délais de paiement, dialogue, gestion des dépendances réciproques.
- Maîtrise des risques : identifier et réduire les risques sociaux et environnementaux chez les fournisseurs (devoir de vigilance).
L’un de ces axes mérite qu’on s’y arrête : le coût du cycle de vie. En effet, il fait basculer beaucoup de décisions.
Le prix d’achat ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le vrai coût se lit sur toute la durée d’usage.
Un produit moins cher à l’achat peut toutefois coûter plus à l’usage. Il peut aussi être plus difficile à réparer ou plus polluant en fin de vie. Ainsi, raisonner en coût global fait apparaître ces écarts avant de signer.

Comment mettre en place une démarche d’achats responsables ?
Passer de l’intention à l’action suit en général un chemin assez logique. Voici les étapes qui reviennent le plus souvent.
- Cartographier ses achats : d’abord, repérer les catégories les plus sensibles selon le volume, le risque et l’impact. Toutes les familles d’achat n’ont pas le même poids.
- Définir des critères concrets : ensuite, poser des exigences environnementales et sociales dans la sélection des fournisseurs, selon le risque réel.
- Formaliser une politique ou une charte : écrire les engagements permet d’aligner les équipes. Beaucoup d’organisations commencent d’ailleurs par une charte des achats responsables.
- Mesurer et suivre : enfin, quelques indicateurs simples et une revue régulière des fournisseurs clés suffisent. Un plan de progrès vaut mieux qu’un tableau de bord jamais mis à jour.
Des formations existent par ailleurs pour outiller les équipes achats, notamment autour de la norme ISO 20400. Elles aident à monter en compétence. Mais l’essentiel se joue dans des critères écrits et un suivi régulier.
Une démarche d’achats responsables tient rarement dans une intention. Elle tient dans des critères écrits, partagés et suivis.
En pratique, le principal écueil est connu : le manque de données fournisseurs. Sans information fiable, difficile de comparer deux offres sur autre chose que le prix. La qualité de la donnée conditionne donc largement la crédibilité de la démarche.
Charte et label RFAR : structurer et faire reconnaître ses pratiques
En France, une organisation qui veut aller plus loin dispose d’un parcours balisé. D’abord, la charte Relations Fournisseurs et Achats Responsables engage ses signataires autour de dix principes d’action. Elle est portée par le Médiateur des entreprises et le Conseil National des Achats. L’un de ces principes vise l’appréciation du coût global de l’achat.
Vient ensuite le label RFAR, seul label public français en la matière. Il reconnaît une maturité avancée dans la gestion responsable des achats. Surtout, il s’appuie directement sur le référentiel ISO 20400.
La distinction est utile à garder en tête. En effet, la norme fournit le cadre méthodologique, tandis que le label valide des pratiques réelles. Autrement dit, l’une inspire et l’autre atteste. Ensemble, elles évitent une démarche uniquement déclarative.
Achats responsables et commande publique : l’article 58 de la loi AGEC
Pour le secteur public, les achats responsables ne relèvent plus seulement de la bonne volonté. En effet, une obligation chiffrée existe déjà.
L’article 58 de la loi AGEC s’applique depuis le 1er janvier 2021. Il concerne l’État, les collectivités territoriales et leurs groupements. Chaque année, une part de leurs achats doit provenir du réemploi, de la réutilisation ou de matières recyclées. Selon le type de produit, cette part va de 20 % à 100 %.
Un décret entré en vigueur le 1er juillet 2024 a ensuite précisé le dispositif. Il couvre 17 catégories de produits, avec des paliers relevés en 2027 puis en 2030.
Par exemple, le mobilier acheté par la sphère publique doit comporter au moins 20 % de produits circulaires. Pour le matériel informatique, une part équivalente doit provenir du réemploi. Par ailleurs, un détail compte pour les organisations qui donnent leurs équipements. Les dons peuvent être comptabilisés pour atteindre ces objectifs.
Pour les acheteurs publics, le réemploi n’est plus une préférence : c’est une part chiffrée de la dépense.
D’ailleurs, cette logique déborde peu à peu vers le privé. Les grands donneurs d’ordre demandent à leurs fournisseurs des preuves plutôt que des promesses.

L’achat le plus responsable est souvent celui qu’on évite
Toute la réflexion précédente part d’une même idée : mieux acheter. Mais une question arrive avant celle-là, et elle est souvent sautée.
L’achat le plus responsable est souvent celui qu’on évite, parce que la ressource existe déjà quelque part.
Avant de commander du neuf, une organisation peut vérifier si un équipement équivalent existe déjà. Il dort peut-être dans un stock, sur un autre site ou dans un service voisin. Cette vérification paraît évidente. Elle reste pourtant rarement possible, faute de visibilité sur ce que l’entreprise possède.
Un équipement encore utilisable peut alors éviter un achat ou rejoindre une autre équipe. Il peut aussi être revendu à un professionnel, ou trouver une seconde vie auprès d’une association. La catégorie importe finalement moins que la question de départ : cet équipement peut-il encore servir, ici ou ailleurs ?
C’est précisément là que les achats responsables rejoignent l’économie circulaire. Encore faut-il, toutefois, rendre les actifs visibles au bon moment.
Où CircularPlace s’inscrit dans une démarche d’achats responsables
Dans cette logique, CircularPlace aide les organisations à structurer la seconde vie de leurs équipements professionnels.
Le point de départ est souvent le même. Les informations sur les actifs sont dispersées, difficiles à mettre à jour ou indisponibles au bon moment.
La plateforme permet donc de centraliser les données d’actifs et de suivre leur statut. Chaque équipement est ensuite orienté vers la bonne option : réemploi interne, revente B2B, don associatif ou recyclage. Le recyclage n’intervient qu’en dernier recours.
L’intérêt pour une démarche d’achats responsables est direct. Ainsi, vérifier l’existant devient un réflexe plutôt qu’une bonne intention. De plus, chaque décision peut être documentée, ce qui alimente le pilotage des achats et le reporting RSE. Enfin, pour les acheteurs soumis à l’article 58, le réemploi et le don deviennent des flux traçables. Ils ne sont plus de simples cases à cocher a posteriori.
Pour voir comment cette approche s’intègre à vos opérations, demandez une démo.
À retenir sur les achats responsables
Une démarche d’achats responsables repose sur une idée mesurable, pas sur un discours. Elle consiste à intégrer l’impact environnemental, social et éthique dans chaque décision d’achat. Surtout, elle raisonne sur le coût du cycle de vie plutôt que sur le seul prix.
Pour la structurer, quelques repères suffisent : cartographier ses achats, définir des critères, formaliser une politique ou une charte, puis mesurer. En parallèle, la norme ISO 20400 donne le cadre et le label RFAR reconnaît les pratiques. L’article 58 de la loi AGEC rend déjà l’exercice obligatoire pour la commande publique.
Enfin, reste la question la plus économe, celle qui se pose avant toutes les autres. Cet achat est-il vraiment nécessaire, ou la ressource existe-t-elle déjà ?
Une démarche d’achats responsables devient crédible le jour où chaque décision peut être expliquée.



